Introduction
Le système de Positionnement Global (GPS) est un système de navigation par
satellites destiné à fournir la position, la vitesse et l'heure n'importe où
à la surface de la Terre ou dans ses environs. La précision du positionnement
par GPS va de 100 mètres à quelques mètres en temps réel. Elle peut
atteindre quelques millimètres pour les applications de géodésie en temps
différé. Bien qu'il y ait des milliers d'utilisateurs civils du GPS à travers
le monde, le GPS a été créé et est contrôlé par le
département de la défense américain
(U.S. Department of Defense (DoD)).
Les satellites GPS envoient des signaux codés qui peuvent être déchiffrés
par des récepteurs GPS. Le récepteur mesure la distance entre la station
et plusieurs satellites à l'aide des codes C/A ou P. Les éphémérides des
satellites sont transmises par le message de navigation permettant de calculer
la position du satellite dans un repère terrestre. Chaque mesure de distance
sur un satellite définit une sphère dont le centre est le satellite. Trois
satellites sont donc nécessaires pour déterminer la position du récepteur en
trois dimensions. Un quatrième satellite est nécessaire pour tenir compte de
la non-synchronisation de l'horloge du récepteur et des horloges des
satellites.
Le système GPS peut se décomposer en trois segments:
- Le segment spatial: il s'agit d'un réseau de
28 satellites qui émettent sur 2
fréquences, appelées L1 (1575.42 MHz) et L2 (1227.6 MHz); ils se meuvent
sur 6 plans orbitaux, à environ 20000 km d'altitude.
- Le segment de contrôle: il est constitué de 5 stations qui calculent
l'orbite des satellites, contrôle leur bon fonctionnement ainsi que la
qualité de l'horloge à bord de chaque satellite.
- Le segment utilisateur: Il est composé des récepteurs GPS, appareils
permettant de calculer la position, la vitesse et l'heure d'un observateur,
partout et à tout moment sur Terre et dans ses environs, quelles que soient les
conditions climatiques.
Une autre technique de positionnement par GPS est le GPS différentiel (DGPS).
L'idée est de corriger les erreurs de biais à un endroit avec une erreur de
biais mesurée à un endroit connu. Un récepteur de référence, ou une
station, calcule des corrections pour chaque signal satellite et transmet ces
corrections au récepteur mobile qui applique ces corrections de pseudo range sur
chaque satellite utilisé dans la détermination de la position. Le DGPS
supprime les erreurs communes au récepteur de référence et au récepteur
mobile (pas les erreurs de multipath ou de bruit). La précision du
positionnement différentiel est de 1 à 10 mètres pour des mesures
effectuées sur le code C/A.
Le logiciel GPSView (DOS) a été développé par
D.Mesmaker afin de décrire
le fonctionnement du système GPS. Il consiste en différentes animations qui
permettent de comprendre le fonctionnement de ce système. Il peut être
téléchargé gratuitement
ici
Une notice d'installation se trouve
ici.
Géodésie spatiale
La géodésie est l'étude de la forme et des dimensions de
la Terre. La géodésie classique fait une distinction entre l'altimétrie et la
planimétrie. Dans ce dernier cas, les points sur le globe terrestre doivent être
visibles entre eux, pour déterminer la position de l'un vis à vis de l'autre.
Avec le lancement du premier satellite artificiel, Sputnik I, en 1957, les
scientifiques ont découvert que des satellites artificiels peuvent être
employés comme indicateur de position.
La géodésie spatiale dépasse la visibilité limitée de la géodésie
classique, puisque les satellites sont simultanément visibles depuis plusieurs
points terrestres différents. On peut de cette manière, regrouper globalement
toutes les coordonnées dans un même système de référence, ce qui permet
l'application au niveau international.
Le NAVSTAR/GPS (NaVigation by Satellite Timing And Ranging / Global Positioning
System) fût créé dans les années 70 par le United States Department of
Defense
(DoD) et le Defense Mapping Agency (DMA). Le GPS est un système de navigation
qui permet la détermination de la position, de la vitesse et du temps. Le premier
satellite GPS fut lancé en 1978. Le système est partiellement déclassé et
employé pour des applications non militaires. Bien que le GPS fût créé comme système de navigation militaire, il a
rapidement prouvé qu'il possédait
un potentiel d'applications géodésiques.
Segment spatial
Le segment spatial est composé d'un réseau de 28 satellites en
orbite quasi-circulaire autour de la Terre, à une hauteur de +/- 20000 km et
dont la période de révolution est de 12 heures sidérales. Ces
satellites sont répartis sur 6 plans orbitaux inclinés à 55° par rapport à
l'équateur. La constellation GPS a été conçue de telle manière que, partout
sur Terre et à tout moment, un minimum de 4 satellites soient visibles au
dessus de 15° d'élévation.
Il existe trois catégories de satellites GPS:
- Bloc I: Satellites lancés entre 1978 et 1985. Tous les satellites du Bloc
I sont maintenant hors-service excepté un seul,qui est activé de manière
périodique. Leur durée de vie est de 4,5 ans. La principale différence
entre ces satellites et les générations suivantes est l'impossibilité de dégrader volontairement le signal
transmis.
- Bloc II et IIa: Seconde génération de satellites GPS mis sur orbite à
partir de 1985. Ils ont la capacité de dégrader le signal émis. leur
durée de vie est de 7,5 ans.
- Bloc IIr: Ils ont été construits pour avoir une durée de vie de 10 ans.
Ils sont capables de communiquer entre eux et ont été mis sur orbite depuis
1996 afin de maintenir une constellation complète.
Les satellites GPS transmettent leurs données sur deux fréquences (porteuses).
Ceci afin que l'erreur introduite par la réfraction ionosphérique puisse
alors être éliminée. Les signaux, qui sont générés à partir de la
fréquence standard 10.23 MHz, sont L1 à 1575.42 MHz et L2 à 1227.6 MHz. Ces
fréquences sont générées grâce à l'horloge atomique embarquée à bord de
chaque satellite. Les porteuses ne peuvent être utilisées directement pour le
positionnement et c'est pourquoi deux codes binaires sont modulés sur les
porteuses: le code C/A (coarse acquisition) et le code P (précise). Il est
également nécessaire de connaître les coordonnées du satellite, cette
information est envoyée avec le message de données qui est modulé sur les
porteuses.
Segment de contrôle
Le segment de contrôle comprend cinq stations de poursuite situées à
Colorado Springs, Hawaii, Ascension Island, Diego Garcia et Kwajalein. Ces
stations sont les yeux et les oreilles du système GPS, elles vérifient l'état des
satellites lors de leur passage au dessus d'elles. Ces stations transmettent
ensuite leurs données à la station principale de Colorado Springs. C'est là
que les paramètres décrivant l'orbite des satellites et la qualité des
horloges embarquées sont estimés, la vérification de la santé des
satellites et la détermination d'un repositionnement éventuel sont
également côntrolés. Cette
information est alors renvoyée à trois stations de chargement qui transmettent
l'information aux satellites. Grâce à la répartition uniforme des stations de
contrôle, tous les satellites GPS sont captées à 92% du temps.
Segment utilisateur
Le segment utilisateur est constitué de récepteurs qui ont été conçus afin
de décoder le signal transmis par les satellites pour déterminer la position,
la vitesse et le temps de l'utilisateur.
Principe de la mesure GPS
Les distances entre les satellites GPS et le récepteur ne sont pas mesurées
directement mais doivent être calculées. Typiquement, ces distances sont
dérivées de deux mesures fondamentales en GPS:
- Les mesures de code: il s'agit de la mesure de base que tous les
récepteurs GPS peuvent faire. Ils utilisent le code C/A et/ou P modulé
sur le signal de la porteuse. La mesure est le temps nécessaire mis par
le code pour aller du satellite au récepteur. Ce temps est alors
multiplié par la vitesse de la lumière afin de le convertir en une
distance. De manière plus détaillée, à un certain instant, le code (C/A
par ex.) est généré par le récepteur et par le satellite. Le code venant
du satellite est transmis au récepteur. Ce dernier compare le code
entrant avec son code propre, la différence est le temps de parcours.
Deux problèmes subsistent avec cette mesure: premièrement, les horloges
du récepteur et du satellite ne sont pas parfaitement synchronisées;
cela introduit un délai d'horloge qui apparaît comme une erreur sur la
mesure de distance au satellite. C'est pourquoi quatre satellites sont
nécessaires pour déterminer trois coordonnées et un délai d'horloge.
Deuxièmement, le code C/A à une longueur d'onde de +/- 300 m et est codé
sur 1023 Bits, ce qui implique que les observations brutes ne peuvent
théoriquement donner des distances qu'entre 0 et 300 km. Hors, la
distance à un satellite est de +/- 20000 km. L'observation doit donc
être corrigée et la mesure de distance est un multiple de 300 km auquel
on ajoute l'observation brute. C'est ce qu'on appele une ambiguïté
entière. Pour le code C/A, elle est très facile à résoudre: si vous
l'avez mal estimée, vous vous en rendrez compte très vite! Le code P n'a
pas d'ambiguïté car sa longueur d'onde de +/- 30 m et il est codé sur 8
x 10^12 Bits, ce qui correspond à la distance parcourue par la lumière
en une semaine, soit +/- 181440000000 km!
- Les mesures de phase: elles sont semblables aux mesures de code en ce sens
qu'il s'agit aussi de mesurer le temps mis par le signal pour aller du
satellite au récepteur. Cette fois, ce sont les porteuses L1 et L2 qui sont
utilisées. Puisque leur longueur d'onde vaut respectivement 19 et 24 cm, la
distance sera un multiple (ambiguïté entière) de 19 ou 24 cm plus la
quantité observée. Le récepteur peut cependant aider l'utilisateur dans
la résolution de ces ambiguïté. Quand le récepteur traque un signal, il
assigne une valeur arbitraire à cette ambiquité. A partir de là, le
récepteur compte le nombre de cycles complets qui se sont écoulés. En
d'autres termes, les ambiguïtés entières doivent être calculées
uniquement quand le récepteur se cale sur chaque satellite, les mesures
suivantes sont correctes par rapport à la mesure initiale.
Sources d'erreur
Un récepteur GPS est capable de fournir une précision d'au mieux 22m (95%) due
aux effets matériels, environnementaux et atmosphériques. Cependant, pour des
raisons de sécurité militaire, de plus grandes erreurs intentionnelles sont
parfois introduites dans le système GPS afin de limiter la précision obtenue par
les utilisateurs civils. Cela peut réduire la précision du GPS à une centaine de
mètres (95%). Les deux aspects de cette dégradation volontaire sont la
disponibilité sélective (SA) et l'anti-brouillage (AS).
Disponibilité sélective (SA)
La dégradation SA consiste d'une part en une dégradation de la fréquence
d'horloge du satellite qui reproduit des phases et des codes dont la longueur
d'onde varie, et d'autre part en une erreur imposée sur la position du
satellite envoyée par le message de navigation.
Les erreurs typiques imposées par la SA sont de l'ordre de 100m. La SA a
été activée entre le 1
er Juillet 1991 et le 2 mai 2000. Elle est
actuellement désactivée.
plus d'info dans : "The Global Positioning System :
Present Status and Modernization
Plans
Antibrouillage (AS)
L'anti-brouillage altère le signal GPS en changeant les caractéristiques du
code P en le mélangeant avec un code W pour en faire un code Y. C'est ce
dernier qui sera modulé sur les porteuses et donc empêchera le récepteur de
faire des mesures sur le code P. Beaucoup de fabricants de récepteur ont
développé des techniques pour retrouver le code P à partir du code Y avec un
petit bruit supplémentaire (technique de cross-corrélation). L' AS est actif
depuis le 31 Janvier 1994.
Erreur des satellites
Il s'agit des erreurs de modélisation de la dérive de l'horloge des satellites
lorsqu'on utilise un polynôme du second degré ainsi que des erreurs liées
à la modélisation Képlérienne des orbites de satellites.
Erreur de propagation atmosphérique
Le signal en provenance des satellites traverse différentes couches
atmosphériques avant d'atteindre le récepteur. Deux couches sont
généralement considérées par le GPS: l'ionosphère qui représente la
couche entre 70 et 100 km au dessus de la Terre et la troposphère qui s'étend
du sol à 70 km d'altitude.
Lorsque les signaux traversent l'ionosphère, les informations du code GPS sont
retardées, d'où une mesure de pseudo range trop longue comparée à la
distance géométrique entre la station et le satellite. L'erreur sur la mesure
dépend du contenu électronique total (TEC) le long du chemin parcouru par le
signal qui est une mesure de la densité d'électron. Des délais plus importants
apparaissent quand le satellite est à basse altitude, pendant certaines
périodes de la journée, ils sont également fonction de la radiation solaire
de l'équateur
géomagnétique et de la position près des pôles. Le délai ionosphérique dépend de la
fréquence et peut dès lors être éliminé en utilisant deux fréquences GPS.
Les utilisateurs qui n'ont accès qu'à une fréquence peuvent cependant
modéliser partiellement l'effet de l'ionosphère en utilisant des modèles
standards.
La troposphère produit également un délai dans les observations mais celui-ci
ne dépend pas de la fréquence. Il ne peut donc pas être éliminé par des
mesures sur les deux fréquences, mais il peut être modélisé. La troposphère
est généralement séparée en deux composantes: une composante sèche qui
représente 90% de la réfraction totale et une composante humide qui
représente les 10% restants. La composante humide étant la plus difficile à
modéliser.
Multi-trajet
Le multi-trajet est le phénomène par lequel les signaux GPS sont réfléchis
sur certains objets avant d'être détecté par l'antenne. Cela se produit
lorsqu'il y a des surfaces de réflexion dans le voisinage de l'antenne GPS. Cet
effet peut engendrer des erreurs de l'ordre de 15 cm sur la mesure de phase et
de l'ordre de 15-20 m sur la mesure de pseudorange.
Erreurs liées aux récepteurs
Ce sont les erreurs qui proviennent des processus utilisés à l'intérieur du
récepteur. Elles dépendent du type d'antenne, de la méthode utilisée pour
convertir les données, des processus de corrélation, ....
Récepteurs GPS
Les récepteurs GPS peuvent, selon leurs caractéristiques, être sous-divisés en
trois catégories:
- Les récepteurs multi-canaux
- Les récepteurs séquentiels
- Les récepteurs multiplex
Les
récepteurs multi-canaux constituent le
top-niveau des
récepteurs GPS. Ils sont généralement utilisés pour des applications
ultra précises ou dans des applications de positionnement dynamique. Ces
récepteurs disposent d'un canal de réception par satellite, par lequel
chaque satellite peut être suivi en continu. On peut également faire une
distinction entre les récepteurs SPS et les récepteurs PPS. Les
récepteurs SPS mesurent uniquement les codes C/A et les phases L1/L2 alors
que les récepteurs PPS peuvent également faire des mesures sur le code P.
Les
récepteurs séquentiels existent en version un ou deux canaux.
Le deuxième canal est généralement utilisé pour l'acquisition d'un
satellite initial et pour recevoir le message de navigation. L'autre canal
traite les satellites un après l'autre avec une fenêtre d'observation
typique de 1 seconde par satellite. Cela implique, pour chaque satellite,
une courte phase d'initialisation. Une des conséquences de cette méthode
est que le
récepteur peut seulement déterminer une position tridimensionnelle toutes
les 4 à 5 secondes. En outre, cette position est moins précise puisque les
mesures des différents satellites ne sont pas effectuées en même temps.
Les
récepteurs multiplex forment un compromis entre les
récepteurs multi-canaux et séquentiels. Ils peuvent, malgré un principe
de fonctionnement analogue à un récepteur séquentiel, et grâce à une
conception améliorée, faire un enchaînement entre les différents
satellites en moins de 20 millisecondes. Grâce à cette haute fréquence de
traitement, on élimine le temps d'initialisation nécessaire pour les
récepteurs séquentiels. Pour les récepteurs multiplex, comme pour les
récepteurs séquentiels, le message de navigation est téléchargé, pour
chaque satellite, d'une manière asynchrone. C'est pourquoi le premier
calcul de position demande plus de temps.